sophrologie spirituelle

Evolution de la conscience

 

La conscience est la clef de l'évolution.

Sans elle, le monde de la matière seraient un phénomène dépourvu de sens.

Et la conscience telle qu'elle est, en l'homme, n'est pas figée.

Elle se développe, s'élargit, s'affine.

Elle évolue

La sophrologie spirituelle nous fournit des moyens pour favoriser cette évolution


" En nous la conscience est le mental, et notre mental est ignorant et imparfait; c'est un pouvoir interm√©diaire qui grandit et qui continue de grandir vers quelque chose au-del√† de lui-m√™me. Il y a eu des niveaux inf√©rieurs de conscience qui sont apparus avant lui et d'o√Ļ il s'est √©lev√©; et il doit y avoir √©videmment des niveaux sup√©rieurs vers lesquels il s'√©l√®ve √† son tour. Avant notre mental, qui pense, raisonne et r√©fl√©chit, il y avait une conscience qui ne pensait pas, mais qui vivait et sentait; et avant elle, il y avait le subconscient et l'inconscient. Apr√®s nous, ou dans notre moi qui n'est pas encore apparu dans l'√©volution, il doit y avoir probablement une plus grande conscience qui attend, lumineuse en soi et qui ne d√©pend pas de la pens√©e constructrice; notre mental pensant, imparfait et ignorant, n'est certainement pas le dernier mot de la conscience, son ultime possibilit√©.

Car l'essence de la conscience est le pouvoir de se percevoir soi-même et de percevoir ses objets. Et, dans sa vraie nature, ce pouvoir doit être direct, complet et s'accomplir spontanément. Si son action est en nous indirecte, incomplète, imparfaite, si elle dépend d'instruments qu'elle a construits, c'est parce que, ici-bas, la conscience émerge d'une inconscience originelle qui la voile, et qu'elle est encore enveloppée et alourdie par la nescience primordiale propre à l'inconscient. Mais elle doit avoir le pouvoir d'émerger complètement.

Sa destinée doit être d'évoluer jusqu'à sa propre perfection, qui est sa vraie nature. Sa vraie nature est d'être pleinement consciente de ses objets, et de ses objets le premier est le moi, l'être qui à travers l'évolution développe sa conscience ici-bas, et le reste est ce que nous percevons comme non-moi. Mais si l'existence est indivisible, ce non-moi aussi doit, en réalité, être le moi; dès lors, la destinée de la conscience en évolution doit être de devenir parfaitement consciente, entièrement consciente du moi et du tout.

 

Cet √©tat parfait et naturel de la conscience est pour nous une supraconscience, un √©tat qui nous d√©passe, et o√Ļ notre mental, s'il y √©tait soudainement transport√©, ne pourrait pas tout d'abord fonctionner.

Mais c'est vers cette supraconscience que notre √™tre conscient doit √©voluer. Or cette √©volution de notre conscience vers son sommet, la supraconscience, n'est possible que si l'inconscience qui est notre base ici-bas, est elle-m√™me, en fait, une supraconscience involu√©e; car ce qui doit appara√ģtre en nous, doit √™tre d√©j√† l√†,  dans son commencement.

 

 Nous pouvons en effet concevoir que l'Inconscient est un √ätre ou un Pouvoir ainsi involu√©, quand nous observons attentivement cette cr√©ation mat√©rielle issue d'une √©nergie inconsciente et que nous voyons celle-ci mettre au jour par des constructions singuli√®res et des artifices infinis, l'oeuvre d'une vaste Intelligence , et quand nous voyons que nous-m√™mes aussi, sommes quelque chose de cette Intelligence, quelque chose qui √©volue , une conscience qui √©merge... C'est √† cela que nous avons donn√© le nom de Supramental ou Gnose.

Car cela doit √™tre √©videmment la conscience de la R√©alit√©, de l'√ätre, de l'Esprit qui est cach√© en nous et qui lentement se manifeste ici-bas. De cet √ätre nous sommes les devenirs et nous devons cro√ģtre √† sa ressemblance.Si la conscience est le secret central, la vie est l'indication ext√©rieure, le pouvoir r√©alisateur de l'√™tre dans la mati√®re; car c'est elle qui lib√®re la conscience et lui donne sa forme, la rev√™t de force et la traduit en acte dans la mati√®re. Si une r√©v√©lation de soi ou un accomplissement de soi dans la mati√®re est le but ultime de l'√ätre qui √©volue dans la naissance, la vie est le signe ext√©rieur et dynamique, l'indice de cette r√©v√©lation et de cet accomplissement. Mais la vie aussi, telle qu'elle est maintenant, est imparfaite et en cours d'√©volution; elle √©volue par la croissance de la conscience, de m√™me que la conscience √©volue par l'organisation et la perfection plus grandes de la vie - une plus vaste conscience signifie donc une vie plus vaste. L'homme, l'√™tre mental, a une vie imparfaite parce que le mental n'est pas le premier ni le plus haut pouvoir de conscience de l'√ätre, et m√™me si le mental √©tait rendu parfait, il resterait encore quelque chose √† r√©aliser, quelque chose qui n'est pas encore manifest√©. Car ce qui est involu√© et qui √©merge, n'est pas le mental mais l'Esprit, et le mental n'est pas le dynamisme de conscience naturel √† l'Esprit; ce dynamisme naturel est le supramental, la lumi√®re de la gnose. Si donc la vie doit devenir une manifestation de l'Esprit, c'est la manifestation en nous d'un √™tre spirituel, et la vie divine d'une conscience rendue parfaite dans le pouvoir supramental ou gnostique de l'√™tre spirituel qui doivent √™tre l'intention de la Nature √©volutive, le fruit secret qu'elle porte en elle.

Sri Aurobindo